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Le gala de fin d’études se plaçait cette année 2008 sous le regard énigmatique du bouddha et sous l’influence drolatique de Tomi Ungerer, le parrain de la nouvelle promotion sortante…
Un rituel déroule ses fastes au printemps : une cérémonie de fin d’études marque l’envol des élèves qui auront désormais à tracer leur propre chemin dans la vie en s’élançant hors de leur nid pédagogique.
Tous les ans, les élèves des années terminales du lycée hôtelier célèbrent la fin de leurs études sous la forme d’un dîner de gala ordonnancé au restaurant gastronomique de l’établissement. Cette célébration, chargée d’émotion autant qu’un rite initiatique, est entièrement prise en charge par les élèves eux-mêmes, sans que soit perceptible la vigilance pourtant omniprésente du proviseur Colette Bierry. Au moment d’entamer leur vie professionnelle, ils éprouvent le besoin de saluer l’institution qui les a formés, et de se retrouver avec leurs professeurs et leurs condisciples pour marquer leur métamorphose en adultes compétents et responsables. Les chenilles sont devenues papillons… .
Beaucoup ont passé six années sous la férule féconde et protectrice de leur école, ils sont conscients de laisser derrière eux une tranche de vie qui fondera la qualité de leur existence. De nouvelles perspectives s’ouvrent à eux, excitantes ; mais déjà se prépare une nostalgie douce qui va faire d’Alexandre Dumas un paradis perdu et un point de ralliement. Ils vont se disperser aux quatre coins du monde, parfois se perdre de vue, construire chacun sa vie de son côté, et pourtant ils ne perdront pas le contact avec leurs professeurs et avec l’Association de Anciens Elèves.
Comment mieux fêter cet aboutissement qu’en se mettant finalement dans le rôle des clients que l’on honore ? Passage symbolique de l’autre côté ! Et c’est le grand jeu d’une cérémonie de gala qui se met en place avec tout son b-a-ba somptueux: tapis rouge, opulentes robes légères, paillettes et belle affluence souriante…
Cette année 2008, les festivités ont donné au lycée un air de temple asiatique : les éclairages mystérieux, les statuettes de bouddha, la musique insinuante, la couleur rouge rutilant dans le clair obscur… on reconnaît l’influence exotique-chic du Bouddha-bar parisien… Dès leur arrivée, les invités sont plongés dans l’univers de l’orient. De grandes statues encadrent majestueusement l’entrée et jalonnent l’espace. Au son des vibrations d’une musique étudiée, se déroulent les mirages prestigieux d’une célébration pas comme les autres. Un des moments forts de la soirée était sans nul doute celui des discours de Robert Walter (le pétulant secrétaire de Tomi Ungerer), de Mme Jocelyne Deschamps (proviseur adjoint) et des membres du comité organisateur. Au menu du dîner de purs délices sont servis :
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Une parfaite réussite de nos cuisiniers qui n’ont pas bridé leur talent !
Ce sont les élèves de la future promotion 2009 qui s’occupent de leurs aînés : au service comme aux fourneaux, c’est aussi une fête, ils connaissent ceux qui partent et seront à leur place l’année suivante! Chacun son tour, c’est l’égale réjouissance d’un ordre juste… . Aussi en cuisine la pression du coup de feu s’allège-t-elle, une part de jeu et d’amusement s’insinue, les clins d’œil se multiplient en salle entre ceux qui servent et les convives fraternels. Les rites professionnels sont bien sûrs respectés, mais animés par une joie, une fierté, une excitation vibrante de jeunesse qui fait plaisir à voir !
Réussite d’une éducation ? Les échos nous diront ceux qui auront réussi dans la vie, et parfois réussi leur vie, mais à l’instant de cette célébration printanière, tous les espoirs sont permis comme pour une aube qui se lève, forte de toutes les promesses des plus beaux lendemains.
Pierre Muller
Professeur Agrégé de Lettres et de Communication
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