ela ne vous rappelle rien ? Voilà qui ressemble à s’y méprendre à une campagne de prévention. Et c’en est une, dont les différentes phases se sont articulées sur une année d’un travail qui a usé de toutes les ressources de la pédagogie, mobilisé les plus récentes avancées de la science médicale, conjugué les efforts de deux grands lycées strasbourgeois dans des disciplines différentes mais solidaires. Il fallait convaincre, l’enjeu est de taille : démonstration est faite que notre façon de nous alimenter est directement en cause dans au moins quatre des plus graves menaces qui pèsent sur nos rêves de vivre bien et longtemps : le cancer, les maladies cardio-vasculaires, le diabète, l’obésité. Une opération de bon sens, sans douleur ni sacrifice, s’imposait pour discipliner nos habitudes alimentaires. Et c’est cette entreprise qui a été :
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savamment pilotée par les professeurs de médecine Pinget et Dufour, et le docteur Henry, secondés par les proviseurs Colette Bierry du Lycée Alexandre Dumas et Jean-Paul Brion du Lycée Jean Rostand.
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richement parrainée par les laboratoires Sanofi-Aventis très présents dans l’aventure
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arbitrée par un jury prestigieux de chefs étoilés offrant généreusement leur collaboration sous la présidence de Marc Haeberlin : Emile Jung, Hubert Maetz, Michel Husser n’ont pas ménagé leurs compétences pour la grande cause.
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et orchestrée en un concours bien doté qui avait été précédé par la mobilisation des élèves des sections de diététique du lycée Jean Rostand : ceux-ci ont notamment illustré le message par des saynètes et représentations théâtrales sur la malbouffe.
Il va de soi que le couronnement ne pouvait être qu’une démonstration pratique de l’art de mettre en fête et en joie les papilles sans risque d’affoler la balance, et en traitant avec tendresse dans la durée les organes vitaux qui sommeillent en vous. C’est là qu’intervenaient les talents de nos futurs chefs Doit-on dire cheffes ? La partie a été dominée incontestablement par les jeunes filles qui emportent les trois premières places !
Doit-on vanter les mérites de la mondialisation ? Sept finalistes sur treize illustraient l’exotisme d’autres continents, asiatique ou africain : le lycée des métiers de l’hôtellerie affiche bien son rayonnement international. Mais passons aux travaux pratiques : chaque concurrent disposait d’un panier de produits imposé, composé sous l’œil vigilant de diététiciens, et il va sans dire que l’usage des matières grasses, de l’alcool, du sel et du sucre y était maîtrisé ! Mais il y avait généreusement accès aux herbes, épices, arômes. Et la preuve fut apportée brillamment qu’à partir des mêmes produits, on peut réaliser des plats inspirés, variés, alléchants, en s’inspirant de toutes les cultures proches ou lointaines : prenons pour exemple Liu Su, classée première, qui a réalisé d’aériens sushis de veau parfumés de mille senteurs. Et rendons hommage à ses dauphines : Coralie Andt (2e) et Emilie Lacker (3e) qui elles aussi ont su régaler les sens.
Au-delà des plaisirs du moment, les organisateurs n’oubliaient pas la puissance des ondes de propagation : les promotions de diététiciens et de cuisiniers qui ont pendant toute cette année bénéficié de l’initiation à une cuisine saine sans être moins goûteuse seront les messagers dans leurs futures entreprises ou leurs lointains pays de nouvelles habitudes alimentaires plus respectueuses de la santé, et donc du plaisir de vivre.
Pierre Muller,
Professeur Agrégé de Lettres et Communication |